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Un jour à Pompéi

15 avril 2009 | |

En avril 2009, j’ai réalisé un de mes vieux rêves d’enfance, fouler le sol de l’antique cité de Pompéi. Cette ville romaine proche de Naples fut détruite en 79 par l’éruption du Vésuve mais elle a été conservée intacte jusqu’à nos jours grâce à la cendre qui l’a recouverte pendant des siècles.

Un peu d’histoire

Pompéi est sans doute l’un des lieux les plus fascinants de la planète car c’est un témoignage préservé de la vie dans l’Antiquité romaine. On connaît l’histoire : Pompéi est une ville prospère construite en contre-bas du Vésuve. À l’époque, personne ne sait que cette montagne est en fait un volcan ! Fatale ignorance ! Le 24 août 79 au matin, le bouchon qui bloque la cheminée du Vésuve saute et un immense nuage de cendres s’élève dans les airs. Il va ensuite retomber sur Pompéi et ensevelir toute la ville et ses habitants. Certains auront eu le temps de s’enfuir mais d’autres ont la mauvaise idée de se protéger des pierres qui tombent du ciel en se réfugiant dans les caves. La plupart mourront asphyxiés et écrasés par leur maison.

On a d’ailleurs retrouvé ces habitants et même leurs animaux « statufiés » par les cendres. Sur le site de Pompéi on peut ainsi découvrir ces « statues » très émouvantes des occupants figés dans leur dernière attitude.

Un des habitants de Pompéi agonisant.

Un chien se tordant de douleur.

Un enfant de Pompéi se protégeant des cendres pendant l’éruption du Vésuve.

Les cendres vont préserver la ville pendant des siècles. Puis, au 17è et 18è siècle, on commence à retrouver sur le site des statues, des objets. En fait, au début, on cherche surtout à récupérer les objets de valeur pour les mettre dans des musées. C’est seulement au 20è siècle que l’on va s’attacher à déblayer la ville entière pour reconstituer les rues, les places, les intérieurs des villas.

Ainsi, Pompéi nous offre un témoignage exceptionnel, unique au monde, de la vie dans l’Antiquité.

Pompéi

C’est par un petit matin pluvieux que je pénètre dans Pompéi. L’émotion saisit dès l’entrée. Mon guide, qui parle français, me conduit à travers les rues incroyablement préservées.

L’entrée du site de Pompéi.

Je visite ensuite dans un bâtiment consacré aux bains. Le guide explique l’ingéniosité des architectes pour maintenir la température dans les thermes et empêcher que la condensation au plafond ne goutte sur les occupants.

Les fresques d’un plafond dans les thermes.

Un bassin des thermes.

La baignoire des thermes.

Puis je visite quelques villas. Tout est dans un état de conservation incroyable : les fresques sur les murs, les mosaïques au sol... Je remonte ainsi près de 2.000 ans en arrière !

Dans le patio d’une riche villa.

L’entrée d’une riche villa.

Les toilettes !

Magnifique conservation des fresques des maisons.

Une mosaïque à l’entrée d’une riche villa : ’Cave Canem’ (’Prends garde au chien’).

Une échoppe dans la rue.

Une rue de Pompéi. On marchait sur les bords. Au milieu, un ruisseau emportait les eaux usées...

Le magnifique forum central de Pompéi.

Le Vésuve

Ma visite se poursuit par le Vésuve, le volcan qui a anéanti Pompéi, mais aussi Herculanum, et d’autres cités. Le car me conduit jusqu’à un parking. Il me faut continuer à pied l’ascension par un étroit chemin. 850 mètres de dénivelé ! Beaucoup de touristes renoncent, mais j’arrive au sommet, certes à bout de souffle, le cœur battant à tout rompre, mais heureux de voir les entrailles du monstre par qui tout est arrivé.

Plongée sur le cratère du Vésuve après une ascension de 850 mètres (le volcan en fait 1281).

Le cratère encore fumant du Vésuve.

Vue des villes construites au flanc du Vésuve. On aperçoit au bord de la baie la ville d’Herculanum.

Le volcan fume encore... Il est d’ailleurs en activité et peut de nouveau faire éruption d’un moment à l’autre. Un instant, j’imagine qu’il va se réveiller au moment précis où je suis arrivé à son sommet. Mourir dans l’éruption du Vésuve, ça le fait, non ?

Naples

Pompéi est tout proche de Naples. Les touristes y sont peu nombreux. La plupart visitent la cité antique et s’en vont. Du coup, Naples est très agréable à visiter. Elle a longtemps été défigurée par une grève des éboueurs. Quand j’y suis allé, certes, des tas de sacs poubelle jonchaient encore les rues, mais pas d’odeur nauséabonde comme aux pires moments...

Le jour de mon arrivée, je fais un tour de la ville à bord d’un bus.

Le Castel Nuovo construit en 1284.

Une rue de Naples.

Le soir, je visite les catacombes San Gennaro de Naples. La ville a en effet été construite sur la cité antique et en sous-sol on a découvert des rues anciennes, notamment celle d’un marché, avec ses ruelles, ses échoppes. Le rendez-vous a lieu dans une église...

La cathédrale San Gennaro.

... Là, miracle, on me dit qu’on a organisé pour moi une visite avec une guide qui parle français... Elle m’entraîne dans une rue proche, nous pénétrons par une petite porte et nous descendons un escalier qui nous mène dans les entrailles de la ville...

C’est un moment magique. La jeune napolitaine me raconte à voix basse en parcourant les galeries l’histoire incroyable de Virgile (l’auteur de l’Enéide) qui sauva la ville grâce à toutes sortes de sortilèges. Nous avançons avec une lampe à pétrole à la main. De temps en temps, on s’arrête pour entendre le récit d’un action insolite de Virgile pour Naples. Un moment inoubliable...

Il est malheureusement interdit de prendre des photos, mais vous pouvez vous faire une idée de cette visite (appelée « Fabula Vergiliana ») avec cette vidéo :

Après cette visite, je vais dans un restaurant tout proche manger LE PLAT de la ville, la [orange fonce]pizza[/orange fonce], naturellement. Ce plat est né ici, à Naples. On sait que la « Margherita », par exemple, fut créée en 1889 à l’occasion de la visite de la Reine Marguerite qui fut naturellement obligée de manger ce plat très populaire préparé en son honneur, manifestant ainsi symboliquement l’unité nationale des riches et des pauvres !

Les jeunes Napolitains présents dans le restaurant mangent leur pizza avec de la bière ou du vin rouge. Pas facile de trouver du rosé à Naples...

Le lendemain, je peux admirer la fameuse « baie de Naples »... sous la pluie !

La baie de Naples sous la pluie avec au fond le Vésuve (1281 m).

Ciré obligatoire !

Puis je parcours la ville...

Une rue chic de Naples face à la baie.

Le samedi après-midi, flânerie dans les rues commerçantes de Naples.

Statue devant l’église San Francesco di Paola.

Eglise San Francesco di Paola.

Le Palais Royal.

Statue du Palais Royal.

À Naples, il faut se méfier des [orange fonce]scooters[/orange fonce] ! Ils foncent à travers les rues étroites de la ville. Ils ont la gentillesse de klaxonner et mieux vaut s’écarter promptement de leur chemin. Il n’est pas rare de voir trois personnes, parfois quatre, installées sur ces engins, et même des enfants assis sur les guidons ! Mais tout cela se fait dans la bonne humeur et sans agressivité.

Autre chose frappante à Naples : tout le monde est habillé impeccablement. Les Napolitains apportent un très grand soin à leur [orange fonce]habillement[/orange fonce]. Chacun, quels que soient ses moyens, a un bon petit look. C’est très impressionnant comparé aux villes françaises où, malgré la multiplication des boutiques de vêtements, les tenues sont très souvent négligées.

Le musée national de Naples

La visite du musée national de Naples me réserve d’autres belles surprises. On y trouve naturellement des objets, des fresques, des statues provenant de Pompéi et d’autres lieux de fouilles. Le plus extraordinaire est que la plupart de ces merveilles viennent d’une seule villa, celle du beau-père de César, située à Herculanum. Et il paraît que l’on n’a pas encore tout fouiller ! Pour en savoir plus sur cette villa des Papyri, c’est par ici.

Célèbres statues des deux athlètes.

La quasi totalité de ces bronzes a été découverte dans une seule villa, celle de Papyri.

On peut y admirer aussi des fresques :

Une galerie spéciale est consacrée aux gladiateurs :

Casque de gladiateur.

Détail d’un casque de gladiateur.

Le musée lui-même est une merveille :

La destruction de Pompéi fait partie de ces catastrophes, comme le naufrage du Titanic, qui marquent notre imagination. Elles montrent avec quelle violence la vie peut nous être soudain retirée, au moment même où nous la fêtions en toute insouciance...

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Commentaires

1 commentaire

  • Un jour à Pompéi 9 mars 2015 23:03, par Emma

    Que de splendeur du temps passé,c’est tout simplement fascinant ! cet architecture magnifique ,ce n’est que beauté !


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